Service Social et de Santé

Gérer ses émotions au temps du confinement

Par NOEMIE FAVRET, publié le lundi 4 mai 2020 16:43 - Mis à jour le lundi 4 mai 2020 16:44
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Au cours de ces 49 longues journées confinées, vous êtes sûrement passés par tout un tas de phases, de ressentis, d’émotions. Comment les identifier et comment vivre au mieux avec ce qu'elles ont à nous dire ?

Gérer ses émotions au temps du confinement

 

Bonjour à tous !

Aujourd’hui, cela fait un certain temps que nous sommes confinés. Cela fait même déjà 49 jours, pour être exacte…

Au cours de ces 49 longues journées, vous êtes sûrement passés par tout un tas de phases, de ressentis, d’émotions. Tout comme nous, adultes, sommes passés, passons et passerons par toute sorte d’états émotifs.

Ces émotions peuvent perturber le sommeil, provoquer une perte ou un gain d’appétit, modifier nos intérêts (pour les amis et la famille, les activités scolaires ou parascolaires), ou provoquer différentes douleurs physiques (maux de ventre, maux de tête).

Mais la bonne nouvelle, c’est que c’est tout à fait NORMAL !

Les émotions ne se maîtrisent pas. Ce sont des signaux envoyés par notre corps pour nous avertir (d’un danger, d’un besoin non assouvi,…). Inutile de se retenir de pleurer si l’on est triste, car à un moment ou à un autre, les larmes finiront par sortir.

En vidéo, voici les 4 émotions primaires, leur besoin associé :

 

Mais que faire si ... ?

 

… Je me sens nerveux, frustré, sur les nerfs

  • Pour diminuer l’anxiété et le stress, cherche des informations justes et précises, auprès de sources journalistiques fiables. Limite le temps passé devant les journaux télévisés, car à la longue ça peut devenir déprimant.
  • Évite de faire semblant que tout va bien, ou que la situation n’est pas si grave. Tes amis et tes parents sont là pour t’écouter et t’aider : tu peux être fort, mais ensemble, nous sommes encore plus forts.

 

  • Continue à communiquer avec tes amis, comme tu le faisais avant la pandémie. Ne reste pas seul dans ton coin. Tes grands-parents, ou peut-être tes voisins, se sentent particulièrement isolés ces derniers temps : ils seront contents d’avoir régulièrement de tes nouvelles.
  • Si tu veux être une bonne oreille pour tes amis, évite de banaliser leurs émotions : chacun réagit différemment devant cette crise, et toutes ces réactions sont valables, car elles reflètent notre personnalité. Mais si tu un de tes amis te confie quelque chose de grave, ou si sa vie est en danger, avertis sans délai un adulte de ton entourage. Ne reste pas seul face à des confidences inquiétantes !
  • Conserve un style de vie sain, ou le plus possible : cela pourra diminuer tes émotions négatives, comme l’anxiété et la colère.

 

… Je sens que je vais me mettre en colère

  • Il est possible que tu te sentes plus impatient que d’habitude, que tu sois « sur les nerfs ». C’est l’un des effets négatifs du confinement

 

  • Si tu te fâches davantage avec tes parents, tes frères et sœurs ou tes amis, que tu sens monter la colère, trouve une stratégie facile et utile pour te calmer. Par exemple cherche un moyen de dépenser ton énergie sans bousculer les autres membres de la famille, ne te gêne pas pour les utiliser souvent. Tu pourrais aussi prendre de grandes respirations, essayer la relaxation (tu pourras trouver des pistes sur notre article « In English, please ! »),  te retirer dans ta chambre pour écouter de la musique, appeler ton meilleur ami, ou écrire tes émotions dans un journal intime.

 

 

  • Lorsque tu te sentiras plus calme, prends un peu de recul pour trouver des solutions. Tu fais peut-être face à un problème que tu peux régler toi-même, ou avec l’aide d’un parent ou d’un ami. . La colère est une émotion que ton corps utilise pour te dire « j’ai besoin de changement !! ». A toi d’identifier ce qui te mets en colère, et quels changements répondraient à tes besoins (tout en restant réaliste !)

 

  • Si tu te sens en colère face à une situation que tu ne peux pas contrôler (comme être en confinement par exemple) rappelle-toi que très peu de gens ont la possibilité d’agir sur cette situation et donc, tu es loin d’être le seul à la trouver difficile.

 

 

  • Il est aussi possible que la colère que tu ressens s’explique par de l’anxiété face à la pandémie. Et nous vivons aussi plein d’autres émotions qui ne sont pas nécessairement liées à la situation présente, d’où la difficulté de bien les identifier.

 

… Je m’ennuie, je ne sais pas quoi faire

  • Essaie de maintenir une routine qui ressemble à celle que tu avais avant, car ça peut t’aider. Entre les périodes de travail scolaire ou de lecture, intègre des moments pour bouger ou faire du sport et d’autres réservés aux activités sociales durant la semaine (du lundi au vendredi). Entre les mathématiques et la marche, l’apprentissage de l’anglais et celui de la guitare, le tchat et les conversations téléphoniques, un équilibre est possible.

 

  • Profite de cette période pour essayer de nouvelles choses, de nouveaux loisirs : jouer aux échecs, apprendre une nouvelle langue, t’essayer au yoga, etc.

 

 

  • Il peut être tentant de se coucher beaucoup plus tard qu’en temps normal mais essaie de conserver des horaires de sommeil et de repas stables. Ton corps et ton humeur te diront merci!

 

  • Tente aussi de faire de l’activité physique de manière régulière, selon un horaire établi.

 

  • Construis-toi une sorte de boîte à « je m’ennuie » : Sur des petits papiers, écris une dizaine d’actions que tu aimes faire (dessiner, peindre, cuisiner, jardiner,…) ou que tu t’étais promis de faire en début de confinement (faire du tri dans les vêtements, réparer ton vélo, écrire une lettre à tes grands-parents…). Tu places ces papiers dans une boîte, et tu en tires un au sort à chaque fois que tu ne sais pas quoi faire.

 

  • Ecoute un Podcast ! Il existe un tas de podcasts que tu peux consulter gratuitement, pour élargir ta culture générale ou t’évader ! Voici quelques idées : « L’Effet Panda », qui sensibilise à la sauvegarde de la planète, « Ma vie d’ado » où tu peux écouter des témoignages d’ados qui te parlent d’évènements plus ou moins surprenants qu’ils ont vécu, « Les Odyssées » qui te parleront de périodes de l’histoire et de personnages importants, avec une pointe d’humour !

 

 

  • Offre également ton aide à tes parents dans les diverses tâches à la maison : occupe-toi de tes frères et sœurs plus jeunes, prépare des repas, range ta chambre, car tu ne peux plus dire que tu manques de temps !

 

  • Enfin, si tu as une idée d’occupation saine et intelligente, n’hésite pas à commenter cet article pour en faire part aux autres !

 

Un peu de bienveillance  

  • Sois indulgent envers toi-même !

 

  • Fais-toi confiance : tu es capable de traverser cette situation difficile. Concentre-toi sur le moment présent.

 

  • Tu as le droit de te sentir moins efficace ou performant que d’habitude, ou de ne pas pouvoir te concentrer aussi facilement sur ton travail. Accorde-toi régulièrement des pauses, et des moments agréables.

 

 

  • Essaie de te fixer des objectifs réalistes et adaptés au contexte actuel. C’est une façon de rester actif face à une situation que tu ne peux pas contrôler.
  • Rappelle-toi qu’il est possible de sortir de cette période difficile encore plus fort qu’avant grâce à certains souvenirs positifs, et aux liens solides que tu auras créés.
  • Tente de concentrer tes énergies et tes pensées vers des activités ou des projets que tu peux entreprendre et sur lesquels tu as du contrôle (pas sur l’évolution de la pandémie, mais sur la façon de prendre soin de toi et de tes amis).

 

  • N’hésite pas à demander de l’aide, à parler aux membres de ta famille, ou des professionnels de la santé si tu te sens dépassé par les évènements.

 

 

  • Tu n’es pas responsable de cette situation, encore moins de ses conséquences sur ta scolarité. Tu es libre d’écouter tes réflexions, comme tu peux aussi les ignorer.

 

  • Lâcher prise est souvent bénéfique dans ces circonstances exceptionnelles.

Et au final…

 

  • Voici quelques réflexions qui peuvent t’être utiles pour prendre du recul sur la situation : Quel souvenir garderai-je de cette expérience lorsque la pandémie sera terminée ? Qu’aurai-je appris sur moi-même durant cette période ? Qu’est-ce qui compte le plus pour moi en ce moment ?

 

  • Ta santé mentale devrait faire partie de tes priorités.

 

 

  • N’oublie jamais qu’il y aura une fin à la pandémie, et qu’à la fin de tout ça, tu auras fait de grandes découvertes sur toi-même et tes capacités d’adaptation pendant les moments difficiles.